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Le choc culturel, késako ?

Après notre les bilans de nos six et dix mois au Canada, il est temps de parler d’une phase peu joyeuse que traversent parfois les voyageurs / les immigrants : le choc culturel.

En arrivant au Canada, nous avons presque immédiatement cherché des formations / des aides aux nouveaux arrivants dans le pays. Durant une formation de quatre jours à la CITIM (un service d’aide à l’intégration et à l’emploi pour les immigrants), on nous a parlé du choc culturel. Dans les premiers jours qui suivent l’installation, on se dit que c’est un mot un peu angoissant, le choc culturel, et que peut-être (on espère) que ça ne nous arrivera pas. Spoiler alerte : oui, ça nous est arrivé.

Définition

Selon notre ami Wikipédia, le choc culturel se définit de la sorte : Le choc culturel est la désorientation ressentie par une personne confrontée à un mode de vie qui ne lui est pas familier. Il peut être éprouvé lors de la visite d’un pays étranger, face à l’immigration, lors d’un changement de milieu social ou simplement de mode de vie.

Il est important de souligner qu’en déménageant au Québec, nous nous installons bien dans un pays radicalement différent de la France. Oui, la langue est commune, mais c’est bien un des seuls points communs. Il est nécessaire de comprendre qu’en immigrant dans cette province, ou dans n’importe quelle province canadienne, il faut tout réapprendre, recommencer à zéro. Et même en étant à Montréal, il faut apprendre des nouveaux mots et même comprendre que certains de nos mots n’ont plus la même signification ici.

Cela peut paraître complètement dingue, mais en réalité je pense que j’avais sous-estimé cette étape-là. Je pense qu’inconsciemment, je me suis accrochée à cette langue commune en me disant « ce ne sera pas si difficile, puisqu’on y parle français ». Comme diraient nos cousins québécois « c’était un peu niaiseux » de ma part, mais c’est ainsi. D’ailleurs, il serait fort niaiseux de croire qu’un québécois comprend forcément tout ce qu’on dit… Exemple :

Le choc culturel inversé :

En faisant quelques recherches sur le choc culturel, je suis tombée sur un article de Radio Canada à propos du chanteur québécois Hubert Lenoir et de son succès en France. Il dit :

Je ne comprends rien de ce qu’ils disent, et ils ne comprennent rien de ce que je dis. La pire chose, c’est communiquer avec un Français. Je déteste. J’aime 10 fois mieux parler avec un anglophone, tranche-t-il.

La différence pour lui est culturelle, bien plus que langagière. C’est dans le sens de l’humour, les mots et la façon d’aborder les conversations qu’il perd ses repères.

Parfois, il m’arrive de dire une phrase très vite, d’utiliser des mots et des expressions françaises et de constater un grand silence après mon temps de parole. Mon/mes interlocuteurs ne m’ont pas comprise, et c’est normal…

Étapes

Il semblerait que le choc culturel se divise en quatre phases distinctes :

Leçon 3 – Choc culturel

La lune de miel 

Croyez-moi, je peux aisément l’identifier dans mon parcours : en arrivant à Montréal, je souriais (littéralement) pendant 1 semaine. Tout était incroyable, génial. J’avais travaillé pendant une année sur ce projet d’immigration (même si notre installation ici est temporaire, il faut appeler un chat un chat : nous sommes des immigrants au Canada) et il se réalisait enfin. J’avais la chance d’être dans les 40% de gens tirés au sort pour le PVT. Rien ne semblait m’atteindre.

La confrontation

La second phase est extrêmement brutale puisqu’il s’agit du choc / la confrontation. Là aussi, elle était facilement identifiable chez moi (hypersensible que je suis) puisque j’étais littéralement en rogne. Tout me crispait, me rendait dingue. Rien n’était assez bien. Rien ne correspondait à mes repères. Tout coûtait trop cher et je ne pouvais profiter de rien (ah oui, quand tu immigres, généralement, tu es pauvre aussi. Repartir de zéro, ça coûte un bras !). Puis on ne va pas se mentir : emménager pour l’hiver, c’est à la fois une très bonne et la pire idée à avoir. C’est excellent car si vous ne supportez pas l’ambiance de l’hiver, le renfermement chez soi et le combat physique contre la neige, vous serez vite fixé(e)s sur votre envie de rester plus tard. Et c’est la pire idée, car c’est la plus difficile des périodes et c’est aussi celle qui coûte le plus cher en équipement. Dans mon cas, je crois que j’ai quitté cette phase compliquée il n’y a pas si longtemps. C’est fou, mais elle m’a semblé très longue, je dirai que j’en suis sortie seulement autour du mois d’avril.

L’ajustement

Durant cette période, on quitte la phase de rejet intense pour se rapprocher d’une acclimatation potentielle. On accepte petit à petit le nouvel environnement et on fait plus d’effort pour s’intégrer. Doucement, le sens de l’humour revient et le cycle de sommeil devient plus régulier. On retrouve peu à peu notre personnalité et on est prêt à faire des ajustements pour découvrir l’autre et le nouveau pays. De mon côté, je pense être dans cette période (qui peut être très longue, donc j’apprends aussi à être patiente avec moi-même). Je reprends peu à peu le sport, j’ai de nouveau envie d’écrire ici, j’apprends les nouveaux mots et expressions du Québec et je me prépare à en apprendre plus. Je suis donc plus ouverte à repartir de zéro, y compris professionnellement.

L’aisance biculturelle

 Enfin, c’est la phase de la biculturalité, de l’aisance. À ce stade, les voyageurs ou immigrants sont à l’aise dans leur nouveau pays, ils maîtrisent les codes et échanges facilement avec les natifs de la région.

Comment vivre avec ?

Je vais être franche : ces phases ne sont pas de tout repos. Rien ne remplacera le suivi d’un professionnel et vraiment, si vous en sentez le besoin : foncez. Je pense que dans ma phase de rejet total, j’étais déstabilisée comme jamais auparavant. Je ne me reconnaissais plus moi-même et je n’arrivais pas à identifier la source de ce ras-le-bol général. De plus, c’est arrivé un peu sournoisement, une fois que ma situation se stabilisait, que j’avais un job, un salaire, un appartement… Tout aurait dû rouler « facilement ».

Pour conclure sur une note positive, il est important de souligner que toutes ces phases ne sont pas que négatives, au contraire! Durant ce choc culturel, j’ai appris énormément sur moi. J’ai eu la possibilité de me découvrir dans un nouveau type d’adversité. Comme je le disais plus haut, j’ai appris à être plus patiente avec moi-même. Et vu le milliard d’idées que j’ai en tête, il y avait du travail. J’apprends également à être plus tolérante (surtout avec moi-même, encore). Je trouve qu’ici, la philosophie de vie est à la prévention. Et qu’est-ce que c’est agréable! On fait donc attention à ne pas s’user au travail, à ne pas s’user le mental avec des choses superflues. On apprend aussi à respecter sa personnalité : extraverti, introverti, hypersensible : il n’y a pas un seul type de caractère et c’est correct comme ça. Et ça, c’est promis, je vais essayer de le garder en tête pendant de nombreuses années!

 


Sources

https://fr.wikipedia.org/wiki/Choc_culturel

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1154643/hubert-lenoir-triomphe-france-symbiose-choc-culturel

Terres sans frontières

Pour aller plus loin :

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/desautels-le-dimanche/segments/reportage/106459/immigration-choc-culturel-souffrance-de-l-exil-de-deracines-marie-france-abastado

http://snacadie.org/images/omia/Choc%20culturel.pdf

 

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