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10 habitudes montréalaises

En déménageant à Montréal il y a plus d’un an, c’était évidant que certaines de mes habitudes allaient changer. Je savais par avance que j’allais moins traverser en bourrine n’importe où n’importe quand mais que j’allais sagement attendre que le bonhomme me fasse signe. Je savais aussi que j’allais devoir faire attention aux tentations de nourriture… Une poutine par-ci, un gros burger par-là… Les tentations de comfort-food allaient être nombreuses.

Mais voici quelques unes des habitudes qui me font changer petit à petit :

Les habitudes de vocabulaire

1 – « Excusez-moi » (à prononcer « ‘scusez »)

Depuis toujours, je dis « Pardon », quand je veux passer et que je suis bloquée par quelqu’un. Ici, la norme est plus au « Excusez-moi », qui est d’ailleurs bien plus correct grammaticalement. Au fil des mois, mes « pardons », qui avaient l’air étrange dans les oreilles des québécois (si on se fie aux regards interloqués), sont devenus des « -Scusez » bien plus efficaces.

2 – Tu veux-tu? Tu penses-tu?

On en a déjà parlé dans notre article sur les expressions locales.. Même si je n’ai pas l’impression de l’avoir attrapé, je crois que je suis quand même capable de le dire souvent… Oops.

3 – « Comme »

Idem que le « tu veux-tu », c’est une expression d’ici, voir même une ponctuation. « J’étais comme surprise ». « C’était comme tellement bizarre là ». Je pense qu’il prend ses sources dans l’anglais et son fameux « like » : « you know, I was like shoked. » Malheureusement pour moi, il m’a semblé « comme » très contagieux et je le dis tout le temps maintenant…

4 – Allô!

Non non, on ne téléphone à personne. Ici, le « Allô » c’est un bonjour plus amical et chaleureux. À qui le dire? Pratiquement tout le monde. Les caissiers, serveurs de bars, les collègues (même les patrons, parfois), ton propriétaire… Bref : tout le monde a adopté le Allô, il est sympathique et poli à la fois. Donc si on rentre en France et qu’on vous salue comme ça, ne le prenez pas mal hein, j’ai juste changé mes habitudes de langage :-D.

5 – « J’ai texté un dude pas rapport, c’tait pas l’bon numéro qu’j’avais là ».

Peut-être auras-tu compris avec cette phrase qu’ici, en tant que français, il faut être prêt à ne pas comprendre tout de suite les phrases. Lorsqu’on la lit comme ça, au calme, on comprendre : texter = envoyer un message / un dude = un mec / pas rapport = que je ne connaissais pas. Vous êtes prêts ? On essaye de la répéter à voix haute pour se préparer à l’entendre maintenant !

Les changements dans mes actes

6 – La gourde

Mes amis, la gourde : cette vie. Alors oui, je vous vois venir : « ouais, euh t’es sympa mais ça existe aussi à Paris les gourdes hein« . Oui, je sais, MAIS : à Paris, j’ai essayé d’avoir une gourde avec moi sauf que : 1) il faut souvent l’avoir pleine pour la journée complète. 2) si tu veux la faire remplir dans un bar le barman te soupire littéralement au visage en mode « Sérieux là? J’ai l’air d’avoir envie de faire ça?« . Et 3) c’est mal, mais les distributeurs sont tellement présents que je trouvais ça « plus simple » (la planète peut me juger). Sauf que voilà : si cette expérience canadienne ne pouvait avoir qu’un seul point positif, ce serait celui-ci : j’apprends à devenir plus dépendante à ma gourde. Au Québec, le zéro déchet fait de plus en plus d’adeptes et les bars / restaurants / cafés jouent le jeu. *clap clap*

7 – Le sirop d’érable. Partout, tout le temps, en tout heure

Oui, il fallait bien que la gourmandise apparaisse quelque part. Pour ma défense, j’ai essayé de lutter… Puis j’ai ramené des crêpes au travail, un collègue m’a dit « oh non faut manger ça avec du sirop! Rien d’autre ». Et tout a dérapé. J’ai ensuite cherché du sirop directement dans une cabane à sucres, j’ai découvert ces incroyables goûts différents et la pureté de ce produit… Bref. Je suis tombée dedans je crois.

8 – Le confort, avant l’esthétique

Alors, attention, ménageons nos amis qui aiment la mode… On va reprendre les bases. Quand j’habitais en Alsace, je mettais les vêtements que j’aimais. Quand je suis arrivée à Paris, je me suis sentie : grosse et plouc (ouais, sympa l’effet « Welcome in Paris! »). En arrivant à Montréal, je ne me suis rien sentie : j’ai eu l’impression que tout le monde s’en foutait royalement de ma façon de m’habiller. Donc j’ai remis des vêtements que j’adorais mais qui ne perfectionnaient pas ma taille, mes jambes, ma silhouette, BREF. Je me suis remise à me sentir libre. Et ici : le confort prime. En été, avec 43 degrés de ressenti, les gens vont au boulot en Brikenstock. Et c’est coooorrect. On s’en temponne le coquillard mesdames messieurs. Et sérieusement, je ne suis pas sûre de pouvoir refaire le chemin inverse et revenir aux habitudes parisiennes…

9 – On y va en vélo? (valable l’été, uniquement hein)

L’été à Montréal, c’est le vélo qui nous sauve. À 33$ le mois en illimité (contre plus de 80$ pour le pass de métro), on profite un maximum des jolies rues montréalaises. Quel bonheur que de les parcourir sans trop de voiture, sans bruit et avec les arbres tout autour de nous? Je ne pensais pas avoir la chance de découvrir une ville aussi « bike-friendly » (COEUR) mais réellement, beaucoup de montréalais quittent les voitures pour reprendre les bonnes habitudes de vélo. C’est très plaisant, on se sent en sécurité et en pleine nature, même si on est au coeur de la ville.

10 – « Ah ça va, il ne fait que -20 » (valable l’hiver, uniquement, sinon il y a un gros problème)

Avant d’arriver à Montréal, nous n’allons pas mentir : on sentait qu’on allait avoir froid. Du genre, très froid. Quand on voyait des publications annonçant les -36 degrés, on était moyennement réjouis et plutôt inquiets de devoir vivre ça. Et finalement, ce n’est « pas si pire ». Le froid fait un peu figer le visage, mais l’hiver est sec.  Donc on a beaucoup moins froid qu’à Paris où c’est l’humidité qui transperce nos vêtements. Et nos vestes descendent jusqu’à -35 sans aucun problème, donc finalement, quand il ne fait « que » -20, on en profite pour aller faire du patin à glace, se promener, faire de la raquette… Bref, profiter du plein air comme les québécois 🙂

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